Expo Mali


                   Everyday scenes in Northern Mali

It all started there…

June 2002, first trip off the beaten track in the High-Atlas and the Southern Moroccan mountains

Having crossed the first dunes in Merzouga by camel, I came across a sign stood in the middle of nowhere. This wooden sign, gnawed by the wind and the sand, indicates an almost hazardous direction for a desert novice like me : «
Timbuktu 52 days by camel ».

The almost unreal surprise, made me smile. I took a photo of it like it was a trophy. A sad mistake on my part: you cannot capture the elusive...

On my return to
Saint-Etienne, that little sign still haunted me. I hadn't put away my bag and I was already researching Mali
. In the guide books, no-one advises visiting as a priority the « pearl of the desert » with 333 Saints for obvious safety reasons all the more so as the town seems to disappoint a lot of travellers.

My numerous readings of travel writings only stirred up my curiosity, even if all of them agree that Timbuktu is just a unrealistic town which now only shines by way of its past.

So, it's because there was nothing to see there that I went…and since then, I've been on, for either personal or community reasons, 5 trips to Mali, to the Gourma-Rharous region in particular, between Timbuktu and Gao. Travelling led me to photography and writing with, in particular, the desire to share a particular view of the World which surrounds us.

Neither an adventurer, nor a travel writer and even less a press-photographer, I would class myself more as a genuine globe-dreamer. My rucksack is always ready and my shoes are just waiting for one thing: to return to African soil. Travelling courses through my veins, and it's travelling that makes me who I am.

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Exposition photographique
«DJOLIBA : Scènes de vie dans le Nord du Mali »



« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. Certains pensent qu’ils font un voyage, en fait, c’est le voyage qui vous fait ou vous défait ».

                                                                                                 Nicolas Bouvier





Tout part de là…

Juin 2002, premier voyage hors des sentiers battus dans le Haut-Atlas et le sud marocain.

Après avoir traversé en chameau les premières dunes de Merzouga, je tombe sur un panneau dressé au milieu de nulle part. Ce support en bois, rongé par le vent et le sable, indique une direction presque hasardeuse pour un novice du désert comme moi : « Tombouctou 52 jours de chameau ».

La surprise quasi irréelle, me fait sourire. Je la prends en photo comme s’il s’agissait d’un trophée. Triste erreur de ma part : on ne saisit pas l’insaisissable…

A mon retour à Saint-Etienne, ce petit panneau me hante encore. Mon sac n’est pas encore rangé que je fais déjà des recherches sur le Mali. Dans les guides, personne ne conseille de visiter en priorité la « perle du désert » aux 333 Saints pour des raisons évidentes de sécurité d’autant plus que la ville semble décevoir beaucoup de voyageurs.

Mes nombreuses lectures de récit de voyage ne font qu’attiser ma curiosité, même si chacun d’eux s’accorde à dire que Tombouctou n’est qu’une ville chimérique qui ne brille plus que par son passé.

C’est donc bien parce qu’il n’y avait rien à voir que j’y suis allé…

Depuis, j’aurai effectué dans un cadre personnel ou associatif 5 périples au Mali, notamment dans la région du Gourma-Rharous, entre Tombouctou et Gao. C’est le voyage qui m’aura amené à la photographie et à l’écriture avec, notamment, l’envie de faire partager un certain regard sur le monde qui nous entoure.

Ni aventurier, ni écrivain-voyageur et encore moins reporter-photographe, je me définis plus comme un véritable globe-rêveur. Mon sac à dos est toujours prêt et mes chaussures n’attendent qu’une chose : refouler la terre africaine. Le voyage coule dans mes veines, et c’est bien lui qui me fait.


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Ousmane Diarra, ami et écrivain Malien, auteur de "Pagne de femme" et de "Vieux Lézard"  vient de me faire l'honneur de m'adresser un petit texte qui traite de mon exposition photographique...

"Je me souviens. Avec Arnaud Rodamel et d’autres membres de l’association MALIRA, nous avons fait ensemble le voyage du Gourma, au Mali. C’était dans le cadre de la promotion du livre et de la lecture et j’étais invité comme auteur et bibliothécaire. C’était, je crois, en 2005. C’était la première fois que moi-même, Malien du Sud, je visitais ces régions. J’ai été tellement enchanté par la beauté des paysages et l’humanité et la bravoure des hommes, des femmes et des enfants qui y habitent que j’y serais resté vivre…
Le Gourma, région de Tombouctou, est sans conteste l’une des régions les plus belles du Mali, où les dunes de sable jaune et les mares (bourgoutières) à la boue noire se succèdent, où les épineuses et les bosquets touffus, domaines des éléphants et des girafes, se côtoient ; tout comme coexistent les Touaregs nomades, Peuls semi-nomades, Songhaïs et Bambaras…, tous sédentaires.
C’est toutes ces beautés féeriques que l’œil de l’artiste Arnaud Rodamel, à travers ses photos, nous montre avec talent, tout en les immortalisant. Je ne savais pas que sous la peau de ce bibliothécaire passionné de livre et de lecture, se cachait (avec quel sens de la modestie !) cet écrivain doublé de photographe passionné, et surtout talentueux.
En effet, de l’habitat aux habitants, en passant par le paysage, rien ne lui échappe. Pour réussir une telle œuvre, il ne faut pas seulement avoir de l’œil, mais surtout le cœur. Oui, le cœur du poète, en plus de l’œil du photographe. Car ses photographies chantent comme les comptines du terroir, réconfortent, adoucissent le cœur comme les comptines des mamans touarègues, peules et songhaïs du Gourma.
           Je veux dire que pour réussir de tels clichés, il faut avoir aimé, et passionnément et sincèrement aimé les hommes et les femmes et les enfants des lieux visités. Il faut, sans retenue, avoir partagé leur quotidien frugal, mais oh combien humain ! Pour saisir et offrir au monde, malgré l’apparente précarité de leur existence, ce qu’il y a de plus beau, de plus humain dans leur culture, dans leur habitat, dans leur folklore, dans la préparation de leurs mets offerts avec amour. Il y a de l’art, dans tout cela, un art que seul l’œil d’un « globe-rêveur » comme Arnaud Rodamel peut saisir.
En visionnant ces photographies ou plutôt ces tableaux de maître, j’ai été très sincèrement subjugué la beauté et l’humanité qu’elles dégagent. Je me suis régalé de leurs parfums, parfums du terroir du Gourma. C’était comme si j’effectuais de nouveau le voyage que j’avais fait il y a plus de dix ans, « Aux temps de la baraka », comme le dirait Younouss Hamey Dicko, ce poète malien originaire du même terroir.

Ousmane Diarra, écrivain
http://www.lesfrancophonies.com/maison-des-auteurs/diarra-ousmane




Une petite sélection de photos tirées de l'exposition
"Djoliba, scènes de vie dans le Nord du Mali",
toutes prises dans la région de Tombouctou.

(cliquez sur la première photo pour faire apparaître un diaporama) 



                                                                              La dune rose, Gao






                                                                       Classe primaire, Rharous







                                                                           Bordel au marché, Bamako





                                                                                    Vidéo-club, Tombouctou





                                                         


                                                                                  Pinasse sur fleuve Niger







                                                                     La chambre d'Oumar Sidi






                                                                Mosquée Djingareyber, Tombouctou








                                                                     Arrivée au village de Kano








                                       Femme et son enfant